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    Éruption volcanique

Joint Research Initiative

United Kingdom

Évaluer les risques volcaniques en Asie

L’éruption du Tambora en 1815, la plus meurtrière de l’histoire, a eu des répercussions profondes et durables sur notre planète. Les grandes quantités de cendres éjectées dans l’atmosphère ont altéré le climat de la planète durant de nombreuses années, provoquant une chute des températures et de mauvaises récoltes. L’année 1816 a d’ailleurs été surnommée « l’année sans été ». À l’exception d’un impact par un gros astéroïde ou une comète, les éruptions volcaniques sont le seul risque naturel susceptible d’avoir des conséquences d’une telle portée. Cependant, et ce malgré les enjeux considérables, « les volcans sont sous-évalués dans le secteur de l’assurance », comme le précise la géologue Susanna Jenkins. « L’évaluation des risques et aléas volcaniques est bien moins développée que pour les tremblements de terre ou les ouragans ». En Asie du Sud-Est, où se produisent 50% de tous les incidents mortels causés par des volcans, de nombreuses régions peuplées se situent à moins de 100 km d’au moins un volcan potentiellement actif. Toutefois, il n’existe que très peu d’archives historiques sur les éruptions passées, et donc peu d’indications sur le danger qu’elles représentent. Dans une initiative de recherche conjointe avec AXA, le Dr Susanna Jenkins, de l’Earth Observatory of Singapore, à l’Université de technologie de Nanyang, mène un projet de recherche dont le but est d’améliorer l’évaluation des risques volcaniques en Asie. Ses efforts se concentrent sur un travail de modélisation de la dispersion et de l’impact de l’aléa volcanique le plus fréquent et le plus important : la cendre.
La cendre qui est éjectée d’un volcan lors d’une éruption est composée de très petites (

Evaluation de l’empreinte des cendres volcaniques en Asie

Dans le langage de l’assurance, un gros panache de cendres volcaniques représente ce que l’on appelle communément un événement à faible probabilité et à forte intensité. Pour bien gérer les risques posés par de telles catastrophes, les assureurs utilisent des modèles complexes qui génèrent un grand nombre d’événements simulés afin d’estimer les dommages et se préparer aux impacts financiers. « AXA protège de nombreux clients contre les risques liés aux éruptions volcaniques, particulièrement en Asie. Pour offrir ce type de protection, les régulateurs et les équipes locales nous demandent d’estimer l’impact économique dans le cas d’une éruption extrême », explique Mathis Joffrain, chef du projet du côté d’AXA, et modélisateur senior de catastrophes naturelles au Group Risk Management d’AXA. « En raison de l’extrême rareté de ces événements, un tel calcul constitue un véritable défi ».

En effet, en l’absence d’informations provenant d’éruptions analogues, les modèles de dispersion des cendres doivent résoudre des équations basées sur la physique, et ceci, sur de grandes échelles géographiques, ce qui exige des ressources et des temps de calculs trop importants sur le plan informatique. Le projet cherche à surmonter cet obstacle en exploitant les avancées récentes en termes de modélisation numérique. Plus précisément, le premier objectif du projet est de développer un modèle probabiliste de dispersion des cendres efficace sur le plan informatique et permettant de mieux simuler les empreintes de risque. Une fois le modèle prêt, une version appliquée du modèle appliqué sera développée afin de quantifier l’étendue spatiale et l’intensité des risques volcaniques dans les pays d’Asie du Sud-Est, en particulier. « Il s’agit d’une entreprise importante, dit le Dr Jenkins. Elle exige que des relations fréquence-magnitude et des paramètres de source d'éruption soient définis pour tous les scénarios d'éruption crédibles de tous les volcans actifs ou potentiellement actifs d’un pays. Pour ce faire, nous avons l'intention de collaborer et d'assurer une liaison étroite avec les agences locales, en utilisant leurs données régionales pour compléter les grandes bases de données comme celles créées par le Smithsonian Institution Global Volcanism Program (GVP) ou le Large Magnitude Explosive Volcanic Eruptions (LaMEVE) ». Enfin, le dernier lot de travaux consistera à évaluer les pertes volcaniques dues à une future éruption hypothétique du mont Fuji, au Japon. En d'autres termes, cette dernière étape se concentrera non seulement sur les aléas, mais aussi sur les risques, en associant l'approche de modélisation des aléas liés aux cendres précédemment développée aux évaluations de l'exposition et de la vulnérabilité. « L'effort s'étendra au-delà des seuls dommages importants aux bâtiments, pour couvrir les infrastructures critiques, l'agriculture et d'autres causes de pertes économiques ».

Les modèles de catastrophes sont de nature très complexe. Ils impliquent la mise en commun de divers domaines d'expertise, notamment des méthodes statistiques et mathématiques de pointe, une compréhension scientifique approfondie des phénomènes en jeu et, bien sûr, la perspective d'un praticien. La présente initiative conjointe représente une parfaite occasion de synergie de tous ces aspects. Par ailleurs, la forte implication d'AXA en Asie, ses contacts directs avec les assurés dans les pays de la région, va permettre d’assurer la pertinence sociétale de cette étude et contribuera à orienter les efforts vers le développement d'un outil pratique.

Susanna
JENKINS

Institution

The University of Edinburgh

Country

United Kingdom

Nationality

British

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