• Climat & Environnement
  • Changement climatique

    Habitat durable & Ville

    Urbanisme

    Adaptation au climat & Résilience

    Villes intelligentes

    Infrastructures résilientes & Sécurité

AXA Awards

Germany

Urbanisation et changement climatique: Comprendre la dynamique globale

55% de la population mondiale vit dans des zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 68% d’ici 2050 selon l’ONU. La croissance des villes, bien que moteur majeur de la prospérité mondiale, épuise rapidement les ressources de la planète, entraînant une grave perte de biodiversité et alimentant dangereusement les menaces du changement climatique. Les zones urbaines occupant désormais une place centrale dans le développement mondial, elles sont également appelées à jouer un rôle décisif pour donner l'impulsion à un changement durable. Dagmar Haase, professeur d'écologie du paysage à l'Université Humboldt de Berlin, a reçu un prix du Fonds AXA pour la Recherche en 2015 pour ses recherches sur les villes résilientes. Cette subvention de deux ans a permis au professeur Haase de produire un modèle de développement urbain mondial visant à mieux comprendre les tendances actuelles de l'urbanisation dans le monde et à prédire les futurs paysages urbains. Le projet fournit des informations pour de meilleures stratégies de gouvernance et une meilleure planification.
 

Un nouveau modèle d'urbanisation mondiale pour examiner les effets interdépendants de la croissance urbaine et du changement climatique

Le modèle du professeur Haase a donné lieu à deux publications scientifiques majeures. Le premier, On the Nexus of the Spatial Dynamics of Global Urbanization and the Age of the City, (A la jonction de la dynamique spatiale de l'urbanisation mondiale et de l'ère de la ville), examine les moteurs du changement urbain au fil du temps et dans une perspective globale. « La connaissance de la dimension spatiale de la croissance urbaine est impérative pour aborder des questions telles que la qualité de vie humaine, la consommation alimentaire et énergétique, la santé, les vulnérabilités et les risques liés au climat et à la faim », explique le professeur Haase. « Les modèles spatialement explicites antérieurs étaient généralement axés sur une ville ou une région urbaine ». Cette approche a permis d'identifier les futurs points chauds de l'urbanisation à l'échelle mondiale.

Le deuxième article, Integrative assessment of climate change for fast-growing urban areas: Measurement and recommendations for future research (Évaluation intégrative du changement climatique pour les zones urbaines à croissance rapide: mesures et recommandations pour de futures recherches) étudie les impacts du changement climatique en relation avec les différentes étapes du développement des zones urbaines. Parmi ces conséquences figurent les répercussions sur la biodiversité en fonction du taux de croissance, de la nature de l'urbanisation et de l'exposition aux températures et aux précipitations de chaque ville (tenant compte des microclimats et des tendances du réchauffement climatique global). L'une des principales conclusions du projet est que les zones confrontées à une croissance urbaine majeure sont également des zones critiques mondiales du changement climatique, ce qui souligne la nécessité pour les parties prenantes de gérer les deux problèmes conjointement. « Nous considérons la perspective intégrative que nous présentons comme un moyen de favoriser une telle co-gestion», déclare le professeur Haase.

Les télé connexions des terrains urbains comme moteur du changement socio-écologique

Pour développer le modèle, le professeur Haase et son équipe ont commencé par étudier les modèles d'urbanisation du passé. À l'aide de la base de données historique de l'environnement mondial, qui présente des séries chronologiques de la population et de l'utilisation des terres au cours des 12 000 dernières années, l'équipe a dérivé des modèles mondiaux d'urbanisation et les a projetés dans le futur. Cet exercice a fourni de multiples exemples de changements fonciers qu’ aucune variable locale ne pouvait expliquer. Au lieu de cela, ils ont trouvé des liens sous-jacents avec des dynamiques d'urbanisation géographiquement éloignées. Ils ont ainsi introduit un nouveau paramètre de changement socio-écologique : les «télé connexions foncières urbaines». Inspirée d'un concept utilisé en climatologie pour désigner les anomalies climatiques qui sont corrélées sur une grande distance géographique, cette notion désigne les flux et les connexions éloignées entre les personnes, les biens et services économiques et les changements d'utilisation des terres qui relient l'urbanisation aux processus de changement des terres. « À ce jour, une grande partie de la littérature a examiné les changements fonciers immédiats provoqués par l'urbanisation, mais les implications plus lointaines de l'urbanisation sur l'utilisation des terres restent sous-examinées », souligne-t-elle, donnant à titre d'exemple l'influence d'autres cultures sur des habitudes urbaines telles que le végétarisme.

Comme le souligne le rapport de 2018 des Nations Unies sur les perspectives d'urbanisation mondiale, « une urbanisation bien gérée, éclairée par une compréhension des tendances démographiques à long terme, peut aider à maximiser les avantages de l'agglomération tout en minimisant la dégradation de l’environnement ». Le modèle de développement urbain global réalisé par le Pr Dagmar Haase avec le soutien du Fonds AXA pour la Recherche a été conçu précisément pour répondre à ce besoin d'une vision à long terme. L'inclusion des dimensions du changement climatique permet une compréhension plus complète des futures tendances mondiales. Cette approche intégrative est particulièrement cruciale en Asie et en Afrique, qui connaîtront une augmentation disproportionnée de la population urbaine et qui devraient subir les plus grands changements climatiques.

Dagmar
HAASE

Institution

Humboldt Universitaet zu Berlin

Country

Germany

Nationality

German

ORCID Open Researcher and Contributor ID, a unique and persistent identifier to researchers