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Équité en matière d'IA : mettre fin aux préjugés et à la discrimination
‘Garbage in, garbage out’ : comment assurer une impartialité consciente dans l'apprentissage machine?
Lorsque l’on mesure l'équité, une question préliminaire à se poser est de savoir ce que cela veut dire exactement. En s'appuyant sur des recherches antérieures (Friedler et al. 2016), le Pr. Calders part du principe qu'il est impossible de donner une définition exacte et générique de l'équité et que, par conséquent, les mesures d'équité devraient dépendre de la situation. « Nous considérons que la construction d'une définition de ce qu'est l'équité dans le contexte opérationnel d'AXA fait partie du projet lui-même », explique-t-il. Une fois cette définition spécifique construite, le projet poursuivra son deuxième objectif : trouver des méthodes pour évaluer le niveau d'équité des procédures de décision existantes d'AXA. « Une approche simple pourrait être de présumer que les hommes et les femmes devraient avoir un accès égal à des primes d'assurance auto peu élevées. Il suffirait alors de comparer les pourcentages. Cependant, cette approche ne fonctionne pas dans le cas présent, car une corrélation entre sexe du conducteur et taux d’accidents a été prouvée. En d'autres termes, ce ne serait pas équitable ». L'approche qui sera adoptée est légèrement différente. « Une meilleure façon de procéder consiste à regarder les personnes ayant un niveau de prime similaire, disons élevé, et à voir combien d'entre elles ont été impliquées dans des accidents réels. Si la prédiction est correcte, on s’attend à voir une forte probabilité dans ce groupe. Si l’on répartit, alors, ces primes élevées entre les sexes, et que l’on constate que le nombre d'accidents est beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes, on pourra dire que le système est biaisé ». Quand on parle d'origine ethnique, le problème devient encore plus compliqué. En effet, le sexe est une caractéristique qui est stockée dans les ensembles de données des assurances, alors que l'ethnicité ne l'est pas. « C'est un défi crucial que nous voulons relever dans le cadre de ce projet. Comment savoir si une assurance est discriminatoire sur le plan ethnique, si nous-mêmes ne pouvons pas différencier sexe et ethnicité dans les données saisies ? Pour autant que nous sachions, les algorithmes pourraient être discriminatoires en fonction des noms, des écoles, des quartiers, mais cela est beaucoup plus difficile à examiner. Notre solution consiste à créer une sorte de population synthétique, avec des profils artificiels, puis à exécuter les algorithmes comme s'ils étaient réels ».
En utilisant cette approche, le projet vise en fin de compte à obtenir un ensemble de mesures compatibles et efficaces qui reflètent le type d'équité voulu par AXA, tout en respectant des lois de plus en plus sévères en matière de protection des données. En particulier, l'Union européenne dispose d'une des législations anti-discrimination les plus sévères. Le récent règlement général sur la protection des données (RGPD) mentionne explicitement le profilage comme une activité dans laquelle les décisions ne devraient pas être fondées sur des données personnelles et où des mesures appropriées devraient être mises en place pour sauvegarder les droits et libertés et les intérêts légitimes de la personne concernée.
Ce JRI a justement été initié en prévision de l'application de ces réglementations. Dans un avenir proche, les entreprises seront de plus en plus appelées à répondre de leurs décisions prises par des systèmes algorithmiques. Dans ce contexte, il sera primordial de mettre en place des mécanismes permettant de filtrer en permanence les prévisions décisionnelles et de s'assurer qu'elles ne sont pas biaisées. « Historiquement, la recherche sur l'équité et l'apprentissage machine est restée très académique. Ici, l’initiative de recherche conjointe offre la possibilité de confronter la question avec des scénarios et des cas réels. C'est une grande source de motivation pour moi, insiste le Pr. Calders. Non seulement cela permet à la recherche à s'aligner sur la réalité, mais cela garantit également qu'elle aura un impact réel ».
Toon
CALDERS
Institution
University of Antwerp
Country
Belgium
Nationality
Belgian
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